Mediapart révèle que le champion du monde français de Chelsea n’a pas voulu être rémunéré à Jersey pour ne pas se mettre en faute avec le fisc.

« Il est petit, il est gentil, il a stoppé Léo Messi, mais on sait tous c’est un tricheur, N’Golo Kanté. » La chanson en hommage au milieu de terrain français lors de la Coupe du monde ne disait pas totalement la vérité. S’il lui arrive de tricher aux cartes, selon ses partenaires, le joueur de Chelsea n’a pas pour habitude de dribbler le fisc.

D’après les documents issus des Football Leaks, Mediapart révèle ce mercredi que l’intéressé a refusé un montage financier qui lui aurait permis de toucher une partie de son salaire (estimé à 5 M€) sous forme de droits d’image dans le paradis fiscal de Jersey. Le but de l’opération visait à réduire ses impôts et les charges du club à hauteur de 1 M€. Kanté avait d’abord accepté l’idée après son transfert de Leicester en 2016. Deux sociétés ont même été créés en son nom, l’une immatriculée au Royaume-Uni (NK Sports) et l’une dans l’île anglo-normande (NK Promotions).

Mais le nouveau chouchou des Français a finalement refusé des signer les documents, et était prêt à renoncer aux 20 % de sa rémunération sous forme de droits d’auteurs si le montage n’était pas abandonné. L’explication de ce revirement intervient presque un an plus tard après son transfert, en mai 2017. « Après avoir lu de nombreux articles de presse sur les droits à l’image et les enquêtes fiscales lancées contre les joueurs et les clubs, N’Golo est de plus en plus préoccupé par le fait que le montage qu’on lui a proposé pourrait être remis en cause par le fisc, écrit son conseiller fiscal dans un mail au club en mai. N’Golo a décidé qu’il ne voulait prendre aucun risque. »

Malgré les insistances de Chelsea, assurant que le montage est légal, « N’Golo est inflexible », explique encore son conseiller. « Il veut simplement un salaire normal » et refuse donc d’être payé en droits à l’image. Mediapart indique que les négociations finiront par aboutir en février 2018. Kanté accepte de toucher ses 20 % en droits à l’image via sa société britannique, laquelle est soumise à l’impôt. Pour autant, il n’a pas dissous celle à Jersey, selon le site d’information.

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