Passes d’armes entre les dirigeants turc et israélien. Le 24 juillet, Recep Tayyip Erdogan a qualifié Israël de pays «le plus fasciste et le plus raciste au monde» lors d’un discours à Ankara. Benjamin Netanyahou, en réponse, a critiqué dans un tweet le président turc et la «sombre dictature» que devenait son pays
Ces tensions font suites au texte adopté jeudi dernier par le Parlement israélien désignant « l’État d’Israël comme l‘État-nation du peuple juif », un texte polémique qui suscite des accusations de «racisme» envers la population arabe, en dépit de l’amendement d’un article controversé.

La loi, adoptée par 62 voix contre 55, supprime l’arabe comme étant une langue officielle et fait de l’hébreu la seule langue officielle en Israël et dans les territoires palestiniens occupé .

Elle ajoute que « le développement des colonies juives relève des valeurs nationales » et que l’Etat « doit encourager et promouvoir leur implantation et leur développement ».

Jusqu’à présent, l’arabe était avec l’hébreu la langue officielle d’Israël obligeant par exemple les fonctionnaires israéliens à répondre en arabe à des requêtes ou des services exprimés dans cette langue.

Désormais, ce sera facultatif et donc, à terme, abandonné. Pour les Arabes israéliens qui se considèrent déjà comme des citoyens de seconde zone, l’humiliation est patente.

🗣 »Cette loi enterre définitivement l’idée d’une solution à deux Etats. »

Ce texte précise que shabbat et les fêtes juives sont celles de l’Etat d’Israël et que les « non juifs », pourront fêter les leurs… sur leur congés payés.

La formulation initiale de cet article prévoyait notamment la possibilité d’établir des communautés uniquement réservées aux juifs et interdites aux arabes .

L’autorité turc avait déjà critiqué la semaine dernière cette loi, accusant le gouvernement d’extrême droite israélien de chercher à mettre en place un «État d’apartheid».

🗣«L’esprit d’Hitler qui a entraîné le monde vers une grande catastrophe a de nouveau fleuri parmi certains dirigeants israéliens, a déclaré mardi Erdogan. J’appelle le monde musulman, la communauté chrétienne, tous les pays, organismes, ONG, journalistes démocrates et défenseurs des libertés dans le monde à passer à l’action contre Israël».
Le président turc, fervent défenseur de la cause palestinienne, avait à cette occasion accusé Israël de «terrorisme d‘État» et de «génocide»

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