Mis en examen pour viol, l’islamologue a fait appel de son incarcération. Son recours sera examiné jeudi par la cour d’appel de Paris.

« Les déclarations de Christelle* ( la première plaignante) sont particulièrement circonstanciées, réitérées, et constantes […] Quant à Henda Ayari ( la seconde plaignante), les faits qu’elle dénonce sont assez similaires. »

C’est ainsi que le juge des libertés et de la détention (JLD) justifie, le 6 février dernier, dans son ordonnance la détention de Tariq Ramadan.

Depuis, le théologien de 55 ans, mis en examen pour « viols », a fait appel par l’intermédiaire de ses avocats, Me Yassine Bouzrou et Julie Granier. L’audience est prévue jeudi à Paris.

La défense de l’islamologue a transmis au JLD une note dans laquelle elle pointe des contradictions dans les auditions des deux plaignantes.

Tariq Ramadan prétend notamment avoir un alibi pour le 9 octobre 2009, date de l’agression dont dit avoir été victime Christelle.

Le professeur à l’université de oxford a livré aux enquêteurs une réservation de billet d’avion entre Londres et Lyon selon laquelle il aurait atterri ce jour-là dans la capitale des Gaules à 18h35, avant de participer à une conférence prévue à 20h30.

Un alibi mystérieusement égaré par le parquet et retrouvé peu de temps après sa mise en examen.

Or, selon la victime, le prédicateur l’aurait violée « dans l’après-midi ».

Contradictions sur l’horaire

Selon les informations du Parisien , dans la même note, la défense du théologien pointe des contradictions également sur les explications de Christelle qui, après le viol qu’elle dit avoir subi, n’a pas quitté la chambre d’hôtel avant le retour de son agresseur présumé.

« J’étais groggy et je suis tombée dans les pommes un moment », a-t-elle confié lors de la confrontation, ajoutant que l’islamologue avait quitté la pièce en EMPORTANT TOUTES SES AFFAIRES robe, chaussures, téléphone- « dans un grand sac blanc ».

Or dans sa plainte, cette femme qui souffre d’un handicap aux jambes avait initialement et clairement expliqué que Tariq Ramadan avait mis sa robe « SUR UNE ÉTAGÈRE EN HAUTEUR » de manière à ce qu’elle ne puisse pas l’atteindre.

Dans son ordonnance, le JLD atteste qu’il « subsiste des contradictions quant à l’horaire de commission des faits » dans le récit de Christelle.

Des contradictions similaires pour Henda Ayari

Sillonnant les plateaux de télévisions, multipliant les interviews, Henda Ayari avait fini par s’emmêler les pinceaux, trébuchant sur des détails qui mettent fortement en doute ses déclarations .

Entre ses déclarations aux journalistes et ces écrit dans son livre « J’ai choisi d’être libre », Break News à constaté bien des contradictions frappantes dans ses propos qu’elle n’a pas su expliquer aux enquêteurs .

Invitée à s’exprimer chez de BFM TV /RMC Info, Henda Ayari avait donné quelques détails sur sa rencontre avec Tariq Ramadan dans la chambre d’hôtel où elle affirme avoir été violée.

 » Il avait une assiette de patisseries orientales à la main. Il m’en propose. Donc, moi je lui dis non », confie-elle à la journaliste.

Or, dans son livre, elle écrit mot à mot :
 » J’en pris une pour ne pas me montrer impolie…  »

Deuxième contradiction de haute importance, elle affirme toujours à la journaliste que Tariq Ramadan après avoir « abusé  » d’elle lui aurait dit :

« Tu partiras discrètement après moi..  »

Or dans son livre, elle écrit :

« Il m’obligea à quitter la chambre bien avant lui. »

Des contradictions que Henda Ayari n’a pas su expliquer.

Après avoir soutenu ne pas connaître Henda Ayari, Christelle s’est mystérieusement souvenue que les deux femmes s’étaient parlé en 2012.

D’après le Parisien un contact qui s’était fait par l’entremise de l’idéologue d’extrême droite Alain Soral (hostile à l’idéologie de Tariq Ramadan) qu’Henda Ayari avait contacté pour lui faire part de ses mésaventures.

« Il m’a dit qu’il connaissait certaines de ses maîtresses et qu’il allait me mettre en lien avec elles », détaille-t-elle.

Les avocats de Tariq Ramadan ont porté plainte pour « subornation de témoin », soupçonnant de potentielles collusions.

Malgré ces toutes ces contradictions, le JLD sur son ordonnance maintient le placement de Tariq Ramdan en détention provisoire. Il invoque le risque « non théorique » de pression que Tariq Ramadan pourrait faire peser sur elles ou encore sa fuite en Suisse, pays de résidance du théologien. Des arguments qui ne justifie pas sa détention selon sa défense prenant en compte que Tariq Ramadan s’est lui même présenté à la convocation des enquêteurs.

Affaire à suivre

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