Ce médecin français engagé contre l’occupation en Palestine

Depuis 2002, Dominique Le Nen s’y rend deux fois par an pour opérer et former. Une expérience forte dont il témoigne dans un livre. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. »

Rencontre

« Imaginez un jeune Palestinien âgé de dix ans. Depuis sa naissance, il a connu trois guerres. Il n’a vécu que dans un pays occupé, entouré de murs. Sans liberté de mouvements. Quelle vie pour cet enfant ? Et quel avenir pour la jeunesse palestinienne ? »

Le professeur Dominique Le Nen, chirurgien orthopédiste au CHRU de Brest, spécialiste de la main, est très investi dans l’humanitaire, en Palestine. Depuis 2002, il s’y rend deux fois par an pour opérer ou former des soignants. Soit vingt-quatre missions en quinze ans.

Un conflit « sans fin »

Une expérience relatée dans un livre poignant et touchant, « De Gaza à Jénine », dont la troisième édition vient de sortir. « J’ai ajouté un chapitre sur la guerre de septembre 2014 et sur ma dernière mission en septembre 2017. »

« Je dénonce les aberrations d’un conflit qui semble sans fin ! Mais c’est aussi un appel à la paix. » Le médecin s’engage contre la guerre et la violence. « Pour moi qui aime écrire, ce témoignage était une obligation car on ne revient pas indemne de là-bas. »Mais sans « faire de politique »…

Le chirurgien rêve de deux États en paix. D’abord, « il faut qu’Israël cesse la colonisation en Cisjordanie, une annexion de terres en opposition à ce qui a été décrété à l’ONU ». Et aussi que Jérusalem, revendiquée conjointement comme capitale par Israël et la Palestine, deviennent une cité internationale. « Tant que ces deux problèmes ne seront pas résolus, il n’y aura pas de paix. »

La situation actuelle est plus calme qu’au début des années 2000. Notamment à Jénine, où le médecin se rend le plus souvent. « Mais cette impression est trompeuse. Depuis décembre et les déclarations de Trump sur Jérusalem, il y a des arrestations tous les jours. Des barrages, des checkpoints… Un État occupé est un État en guerre. »

Un « besoin de dignité »

Au niveau sanitaire, la situation s’est améliorée. « Les Palestiniens bénéficient d’une importante aide internationale. Actuellement, c’est davantage de la coopération que de l’humanitaire. Au début, j’opérais beaucoup pour des séquelles de plaie par balles. Aujourd’hui, j’opère surtout des malformations congénitales, des paralysies du bras de l’enfant à la naissance. »

Dominique Le Nen a fait beaucoup de belles rencontres. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. Leur quotidien est celui d’hommes, de femmes, d’enfants qui veulent tout simplement vivre et pouvoir voyager librement, ce qui leur est interdit. »

Un mot résume le mieux la situation. « Le besoin de dignité humaine ! Ce manque de reconnaissance est difficile à vivre. Et c’est humiliant aussi. »

Il en appelle à tous les « autres gens ». À la société civile. « Si on est suffisamment nombreux, on pourra peser sur nos gouvernants. »

De Gaza à Jénine. Tant que la guerre durera, aux éditions L’Harmattan, 22,50 €. Postface d’Irène Frachon. Les bénéfices sont reversés à Amani, association franco-palestinienne pour l’aide et la formation médicale.

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